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Pas de place pour l’inquiétude

Le 16 septembre 2020 par dans Prédication

Pas de place pour l’inquiétude

Prédication du 13 septembre 2020 – Matthieu 6 versets 25 à 34

A) Introduction
Il y a dans la Bible des versets qui nous parlent d’un sujet que j’aimerais aborder avec vous ce matin. Et il me semble qu’il soit d’actualité.
Connaissez-vous le dicton « À chaque jour suffit sa peine. » ? Voilà une expression que l’on entend souvent. En fait il s’agit d’un verset biblique !
Quelques autres versets :
« Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »
« Ne vous inquiétez pas pour le lendemain ; le lendemain se souciera de lui-même. »
« Qui par ses inquiétudes peut ajouter un coudée à la durée de sa vie ? »
Quel est le lien entre ces versets ?
Ils parlent de l’inquiétude et se trouvent tous dans le même passage dans la Bible. Écoutons le texte de Matthieu 6,25-34. (version Semeur)

25 C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas en vous demandant : « Qu’allons- nous manger ou boire ? Avec quoi allons-nous nous habiller ? » La vie ne vaut-elle pas bien plus que la nourriture ? Et le corps ne vaut-il pas bien plus que les vêtements ?
26 Voyez ces oiseaux qui volent dans le ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de provisions dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. N’avez-vous pas bien plus de valeur qu’eux ?

27 D’ailleurs, qui de vous peut, à force d’inquiétude, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ?
28 Quant aux vêtements, pourquoi vous inquiéter à leur sujet ? Observez les lis sauvages ! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements.

29 Pourtant, je vous l’assure, le roi Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux ! 30 Si Dieu habille ainsi cette petite plante des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, à plus forte raison ne vous vêtira- t-il pas vous-mêmes ? Ah, votre foi est bien petite ?

31 Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas : « Que mangerons-nous ? » ou « Que boirons-nous ? » ou « Avec quoi nous habillerons-nous ? » 32 Toutes ces choses, les païens s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père, qui est aux cieux, sait que vous en avez besoin. 33 Faites donc du royaume de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus. 34 Ne vous inquiétez pas pour le lendemain ; le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Ce texte se trouve dans un ensemble d’enseignements de Jésus à ses disciples.
Nous sommes au début du ministère de Jésus. Il a « sélectionné » les personnes qu’il allait former ; les disciples. Il a dit à chacun d’eux : « Suis-moi ». Et voilà qu’il se retrouve avec une équipe de 12 gaillards.
Il est suivi par une foule de personnes qui aspirent à autre chose dans leurs vies : y trouver un sens ; être guéri ou trouver une solution à une autre situation difficile.
Jésus voit les besoins de ces gens. Alors il rassemble ses disciples autour de lui sur une colline pour les enseigner. Il leur fait un cours de base et leur transmet les choses essentielles concernant le royaume de Dieu.
C’est le Sermon sur la montagne dans Matthieu 5 à 7.

Petit résumé de ces enseignements. Il commence par leur donner les conditions pour être heureux. Ça commence fort et l’enseignement de Jésus est à l’opposé de ce que prône la société de son temps et celles de tous les siècles.
Ensuite, il leur parle de leur rôle de témoins, de sa relation à la loi de Moïse. Il poursuit par un enseignement sur l’adultère, le divorce, la loi de la vengeance et de la nouvelle loi d’amour qu’il apporte.

Il leur parle de l’hypocrisie religieuse et leur apprend à prier. C’est la prière « Notre Père » qu’il enseigne à ses disciples un peu comme prière type qui englobe en elle-même toutes les prières.
Puis il évoque les biens matériels avec le risque de s’y attacher et enchaîne avec le texte d’aujourd’hui.

Je poursuis par une petite leçon de français.
Quand un mot commence par -in- cela signifie quoi ?
En ajoutant le préfixe in- à un adjectif qualificatif (visible par exemple), on obtient son contraire (invisible).
Quand je dis invisible, cela signifie que je n’ai pas la possibilité de voir quelque chose. Quand je dis impossible, cela signifie que je n’ai pas la possibilité de faire quelque chose. Quand je dis incurable, cela signifie que je n’ai pas la possibilité de guérir.
Et quand je dis inquiétude, cela signifie que je n’ai pas la possibilité d’être dans la quiétude, c-à-d en paix.
Quiétude : sentiment de calme et de tranquillité.
Inquiétude en est donc le contraire : agitation, énervement intérieur, un trouble causé par la crainte, l’incertitude.

Je suis convaincu que nous sommes au cœur d’un sujet d’actualité.

(Voir sondage en fin de document)

Nos contemporains sont inquiets et nous peut-être aussi ! Il suffit d’écouter les discussions autour de nous !
Quand nous rencontrons quelqu’un, de quoi parlons-nous ? De la Covid, du port du masque, si on est pour ou contre,… et cela peut prendre un bon moment. À plusieurs reprises, j’ai constaté que l’on dit ; « allez on va parler d’autre chose ! »

Si dans cet enseignement de base Jésus parle de l’inquiétude à ses disciples c’est qu’il s’agit là d’un problème qui existe de tout temps.
Quelles sont les sources d’inquiétude possibles ?
Les études, l’emploi, la pression au travail, la gestion du quotidien, les enfants, les relations, la maladie, l’attente du résultat d’un test Covid ou d’un bilan médical, la vieillesse, la mort, l’au-delà.

Tout peut devenir sujet d’inquiétude, qui donne des insomnies, agite notre âme, nous rend exécrable et peut jusqu’à nous faire sombrer dans la dépression. Le problème est universel et majeur. C’est pourquoi Jésus en parle.

B) Le texte
Alors que nous dit Jésus à propos de l’inquiétude dans ce texte ?
Dans le passage qui précède, Jésus invite ses disciples à lui donner la première place dans leur vie.
Notre passage commence par : « C’est pourquoi,… » ; par conséquent…
Vivre dans la quiétude, la sérénité, la paix est une conséquence d’une vie proche de Dieu.
Jésus enseigne que nous n’avons pas à nous inquiéter parce que c’est inutile. Si Dieu nous a donné la vie, il ne va pas nous priver de nos besoins fondamentaux.
Il ne nous promet pas plus que le nécessaire mais nous pouvons compter sur lui pour qu’il pourvoit à nos besoins.
Jésus prend pour exemple les oiseaux et les fleurs.
Si Dieu s’en occupe avec amour et sollicitude à plus forte raison s’occupera-t-il de nous, humains qu’il a créés à son image.
Je reprends le verset 27. « D’ailleurs, qui de vous peut, à force d’inquiétude, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ? »
Une traduction plus ancienne est celle-ci : « Qui par ses inquiétudes peut ajouter un coudée à la durée de sa vie ? » Littéralement on pourrait aussi traduire le texte grec par rajouter une coudée à sa taille…
Qu’est-ce qu’un coudée ? Une unité de longueur.

La coudée (lat. cubitus) est une unité de longueur vieille de plusieurs milliers d’années. Elle a comme base la longueur allant du coude jusqu’à l’extrémité du majeur. En gros Cela fait environ 45 cm.
Jésus veut dire par là que l’inquiétude est inutile.

Il affirme ; Dieu vous nourrira et vous vêtira et par extension, il prendra soin de vous dans toutes les situations de votre vie même dans les moments difficiles.
Le croyons-nous ?
Et quand Jésus promet : « Venez à moi,… et je vous donnerai du repos. »

Lui faisons-nous confiance ?
On sent dans ce texte l’amour profond pour ses disciples.
Il aimerait qu’ils comprennent ces vérités.
Il s’exclame « Ah que votre foi est petite ! »
Avoir peu de foi, c’est être découragé par les circonstances qui peuvent nous dominer, nous affaiblir et même détruire notre foi.
Alors n’oublions pas que notre vie est entre les mains de Dieu.
Verset 32 : Ne faisons pas comme ceux qui n’en ont rien à faire de Dieu. Dans le texte il est question des païens. Il ne s’agit pas des non-juifs mais de ceux qui ne veulent rien savoir de Dieu. Comme ils ne le reconnaissent pas, ils ne savent pas que Dieu les aime et prend soin d’eux. Alors ils s’inquiètent pour leur vie de tous les jours.
Au verset 33, Jésus rappelle une fois encore à ses disciples de mettre Dieu et ses valeurs à la première place dans leur vie.
Jésus conclut son enseignement en réaffirmant qu’il ne faut pas s’inquiéter du lendemain. Dieu a promis de pourvoir à tous nos besoins.
Dans Philippiens 4,19, l’apôtre Paul écrit : « Mon Dieu pourvoit à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. »
Dans la prière de Jésus il apprend à ses disciples à prier pour le pain quotidien, pas pour celui du lendemain. « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. » (v. 11)
Il faut bien sûr prévoir et préparer le lendemain, il faut semer pour récolter. Mais nous n’avons pas besoin d’être inquiet quant à notre avenir.
Un chant que nous connaissons bien reprends ce thème. Marion Warrington en est l’auteure et proclame :
Je me confie en toi. Je sais que tu es mon Dieu.
Mon avenir est dans ta sûre main, oui, dans ta sûre main.
Je te bénis, Seigneur. Tu es mon puissant Sauveur.
Oui ton amour pour moi dure à toujours.
Les soucis sont l’oeuvre du détracteur, de Satan qui est le père du mensonge, le trompeur. Il essaye d’affaiblir et de détruire notre foi au moyen de l’inquiétude. Alors suivons le conseil de l’apôtre Jacques : « Résistez au diable et il fuira loin de vous. » (Jacques 4,7)

C) Conclusion
Pour conclure je vous laisse une citation de Corrie Ten Boom (survivante du camp de concentration de Ravensbrück).

« L’Inquiétude ne vide pas le Lendemain de ses soucis,
elle vide l’Aujourd’hui de sa force. »

Quand on connaît le parcours de vie de Corrie Ten Boom, cette phrase prend un sens particulier. Grâce à sa confiance en Dieu dans une situation à vue humaine sans bonne issue, elle a pu être une source d’encouragement puissante pour les codétenues qui étaient avec elle.
Dans notre société marquée par l’inquiétude, la peur et l’angoisse, nous pouvons affirmer que nous pouvons faire confiance à Jésus-Christ car il veut nous décharger de nos peurs, de nos angoisses et des inquiétudes qui minent notre quotidien.
Enfin pour terminer, j’aimerais nous encourager par deux versets qui peuvent être comme un remède à l’inquiétude !
Ils contiennent à la fois un encouragement et une invitation :
1 Pierre 5,7 « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. »
Philippiens 4,6 « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. »
Amen